Parmi toutes les obligations liées au PPWR, celle concernant les espaces vides est celle qui retient le moins l’attention — alors qu’elle est la seule pour laquelle conformité et réduction des coûts vont de pair.
Le secteur sait désormais que la directive PPWR s’appliquera à partir du 12 août 2026. Une obligation reste toutefois peu mise en avant, bien qu’elle implique la mesure la plus concrète : à partir de 2030, les emballages groupés, de transport et du commerce électronique ne pourront contenir que 50 % d’espace vide au maximum. Détail important souvent négligé : les matériaux de calage sont pris en compte dans le calcul de l’espace vide. Les coussins d’air ou le rembourrage en papier ne permettent donc pas de rester en dessous du seuil fixé.
« Dans le commerce électronique en particulier, l’espace vide n’est pas un simple problème théorique de conformité, mais une facture qui revient chaque mois », explique Valentine Dejager, PDG d’Europal NV. Les transporteurs se basent de plus en plus sur le poids volumétrique, ce qui fait qu’un carton trop grand engendre des coûts supplémentaires à chaque envoi. Mais cette règle s’applique tout autant au niveau des palettes : réduire la taille d’un carton d’emballage de quelques centimètres permet parfois d’ajouter une couche supplémentaire par palette — et réduit d’emblée le coût de transport par unité.
Cinq questions pour faire le point
Toute entreprise peut se faire une première idée avec un minimum d’efforts :
- Combien de formats utilisez-vous aujourd’hui, par rapport à la diversité de votre gamme ? Un petit nombre de formats pour une large gamme implique presque par définition beaucoup d’espace inutilisé.
- Quel est votre taux de remplissage moyen ? Mesurez-le sur un échantillon d’envois réels, et non sur le colis le mieux adapté.
- Quelle quantité de matériau de rembourrage utilisez-vous par envoi ? Ce volume sera pris en compte — c’est un indicateur direct.
- Prenez-vous en compte le poids volumétrique dans le calcul de vos frais de port ? Si l’on se base uniquement sur le tarif par colis, on passe à côté d’une partie du coût réel.
- Quels sont les emballages qui dépassent déjà les 50 % aujourd’hui ? Souvent, quelques articles suffisent à faire grimper la moyenne. C’est par là que commence votre liste d’actions.
« Cet exercice permet généralement d’établir immédiatement une liste de priorités », explique Dejager. « Il n’est pas nécessaire de tout faire en même temps. »
Et si tu dois y aller ?
Parfois, il suffit de mieux adapter les formats ; parfois, il est plus avantageux de fabriquer des cartons sur mesure au moment même. Et parfois, la solution réside dans le matériau de protection : un emballage nécessitant moins de rembourrage franchit automatiquement le seuil. Pour de nombreuses applications, les alternatives à base de papier offrent une protection équivalente à celle de la mousse, même pour les marchandises lourdes. Commencez par analyser le profil de vos commandes, puis réfléchissez ensuite à la technique.
Une précision pour ceux qui utilisent des emballages en carton : les cartons sont exemptés des objectifs de réutilisation, mais pas de la règle relative à l’espace vide. « En termes de volume, tout le monde doit mettre la main à la pâte », explique M. Dejager.
Europal NV sera présente au salon Empack Gand les 22 et 23 septembre 2026 au Flanders Expo, dans l’espace dédié au Belgian Packaging Festival — ceux qui souhaitent s’exercer à la conception de leur propre emballage pourront s’y rendre. Plus d’informations : europal-packaging.com.


